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Jean Starobinski
Jean Starobinski, La relation critique, Gallimard, coll. Tel.

Retrouvez également Jean Starobinski dans nos pages consacrées aux auteurs de Suisse.

  Jean Starobinski / La relation critique
 

ISBN 2-07-076129-0

 

Suite de L'oeil vivant, cet ouvrage est consacré à la critique. Jean Starobinski s'attache à établir les principes d'une critique de la relation, capable de coordonner les méthodes de la stylistique, de l'histoire des idées et de la psychanalyse. Une nouvelle interprétation d'un épisode des Confessions de Rousseau illustre le rapport de la théorie critique et de son application. Qu'est-ce qu'interpréter ? C'est déchiffrer, et c'est aussi imaginer. La deuxième partie passe donc en revue les divers champs de l'imagination : la parole, l'image, le corps. Et la troisième, traitant des rapports de la littérature et de la psychanalyse, pose une question déconcertante : quelle est la part d'imaginaire qui s'immisce dans la lecture psychanalytique ? Comme toujours, Jean Starobinski se révèle un maître-lecteur, qui incite à lire ou relire les grands livres.

Jean Starobinski, La relation critique, Gallimard, coll. Tel.

  Extraits de presse


Starobinski, maître de lecture

Il y a un an, à la veille de fêter son quatre-vingtième anniversaire, Jean Starobinski travaillait à la refonte de cette Relation critique parue en 1970. Ce thème n'a cessé de l'occuper, comme enseignant et comme poète de l'art du commentaire. Ce dernier est pour lui l'étude "des rapports internes qui se tissent entre le texte, son auteur et le destinataire, en dépassant l'ordre littéraire pour toucher le domaine social, et la conscience volontaire pour atteindre l'inconscient". Il s'en explique dans une longue préface, enrichie de trente années de pratique et de réflexions. [...]

Isabelle Rüf

Samedi, 17 novembre 2001

Jean Starobinski, La relation critique, Gallimard, coll. Tel.

Eloge du libre regard

Dans le deuxième volume de "L'Œil vivant", Jean Starobinski définit sa méthode critique

La relation critique, l'œil vivant II de Jean Starobinski. Gallimard, "Tel", 408 p., 12,50 EURO (82 F).
(Première édition, Gallimard 1961, la présente édition est revue et augmentée).

Dans un court texte intitulé Le Voile de Poppée, qui ouvrait, voilà quarante ans, le premier volet de L'Œil vivant, Jean Starobinski (1) définissait sa conception de la critique en ces termes essentiels, qui sont évidemment toujours d'actualité : "La critique complète n'est peut-être ni celle qui vise à la totalité (comme fait le regard surplombant), ni celle qui vise à l'intimité (comme fait l'intuition identifiante) ; c'est un regard qui sait exiger tour à tour le surplomb et l'intimité, sachant par avance que la vérité n'est ni dans l'une ni dans l'autre tentative, mais dans le mouvement qui va inlassablement de l'une à l'autre. Il ne faut refuser ni le vertige de la distance, ni celui de la proximité : il faut désirer ce double excès où le regard est chaque fois près de perdre tout pouvoir."

[...]

S'il revient encore une fois à Rousseau, Starobinski interroge surtout le regard et les appuis conceptuels qui le soutiennent, du côté de l'"objectivité" de la linguistique et de la stylistique (Leo Spitzer) ou dans l'intimité de l'interprétation psychanalytique. Mais là encore, il invite à une sorte de prudence, et laisse ouverte la question du savoir auquel l'interprète peut prétendre : " Il ne suffit pas de connaître, en deçà des œuvres, l'homme comme être naturel et comme être social ; il faut le connaître dans sa faculté de dépassement, dans les formes et les actes créateurs par lesquels il change le destin qu'il subissait comme être naturel, par lesquels il transforme la situation que lui assignait la société, et par lesquels, à la longue, il modifie la société elle-même." C'est donc, à chaque moment du geste critique, un acte de liberté qui est posé, celle de l'écrivain approché et de l'œuvre étudiée ; celle aussi du commentateur qui, par sympathie raisonnée ou distance sans hostilité, accueille cette liberté dont il est le témoin et s'enrichit d'elle.

(1) Gallimard, "Tel" (no 301) en 1999.

P. K.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.11.01

 

  Jean Starobinski / Le poème d'invitation

Liminaire

[...] L'occasion est ainsi donnée à La Dogana de rendre justice à l'un des plus stimulants écrivains actuels que la manie des catégories s'obstine à considérer comme un savant de type universitaire. Depuis longtemps nous savons ici qu'il y a peu de regard plus ouvert et accueillant que celui de Jean Starobinski, à l'égard de toutes les manifestations de l'esprit humain, sans préjugés sauf l'amour inconditionnel qu'il porte à la musique de la langue française, et qu'il y a peu d'écriture plus souple et lumineuse dans la quête du secret d'une oeuvre.

Il est significatif que "l'interprète" de partitions littéraires, tel que Starobinski aime à se définir lui-même, soit entouré ici de deux poètes. Tant Yves Bonnefoy que Frédéric Wandelère profitent de cette occasion pour rappeler l'importance de la part critique, de la réflexion ou de la mémoire dans cette tentative de traduction, par les mots, que constitue le poème.

Ils évoquent en connaissance de cause le nécessaire travail de déchiffrement, les impératifs de mesure, les choix décisifs qui président à l'élaboration de ce moment formel, unique, qui devrait à leurs yeux refléter, en quelques vers, en quelques images exactes, toute la complexité du monde et résonner longuement aux oreilles du plus grand nombre...

Florian Rodari

Extrait de : Le poème d'invitation, Jean Starobinski, précédé d'un entretien avec Frédéric Wandelère et suivi d'un propos d'Yves Bonnefoy, Editions La Dogana, 2001.

Page créée le: 29.11.01
Dernière mise à jour le 29.11.01

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