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Editions Samizdat

Denise Mützenberg
8 chemin François-Lehmann - 1218 Grand-Saconnex
Tél. 022 734 05 92
sampoesie@gmail.com
http://www.editionsamizdat.ch


Nouvelles parutions 2011
 

  Sylvain Thévoz / Nos possibilités d’impasses sont innombrables


Sylvain Thévoz / Nos possibilités d’impasses sont innombrablesLe processus qui va du manuscrit au livre imprimé est à chaque fois, pour l’auteur comme pour l’éditeur, une histoire unique, pleine d’émotions. Celle-là fut une aventure au goût neuf et piquant.
Pour la première fois, Samizdat confiait un texte à deux jeunes graphistes qui s’engageaient à créer le livre en entier, hors des schémas battus. Du feu de l’automne aux bourgeons de février, en passant par le gel de fin novembre, Sylvain Thévoz et l’éditrice se sont retrouvés entre Arve et Rhône, dans l’atelier des Supercocottes niché au coeur des anciennes usines Kugler.
De saison en saison, de rêves en esquisses, le projet a pris corps, entre les grandes affiches et les dessins, sans oublier le chat noir aux yeux de phosphore, témoin des fulgurances partagées !
Il y a quelques semaines, nous avons découvert la couverture réalisée par les Supercocottes : deux Calamity Jane aux têtes de cerfs qui croisent le fer. Subtile allusion aux ambiguïtés du poète ? ou réponse complice de Coline et Céline à sa voix?


Mon silence et un bol où viennent laper les belettes
un os où les fourmis les cerfs
la nuit tombée se servent de lard et de lait

Maintenant c’est à vous, lecteurs, de vous laisser surprendre…

Denise Mützenberg

Le recueil se déroule sur une ligne de fuite entre animalité, quête de soi et étrangeté.
Le langage est soumis à des brisures et des recompositions successives, dans une fuite qui compose un territoire habitable, mais qui doit être sans cesse réaménagé et réinventé. Le corps, les éléments primaires et la langue sont les composantes essentielles de ce récit qui souhaite laisser passer une lumière différente, un son autre.

Sylvain Thévoz

Sylvain Thévoz est né à Toronto en 1974. Il a étudié à Montréal et Bruxelles, est anthropologue et vit à Genève. Il travaille dans l’action communautaire. Son premier recueil de poésie, « Virer large course court », a été publié aux éditions du Miel de l’Ours en février 2008. La revue des Belles Lettres (RBL) a publié en janvier 2009 six poèmes ainsi qu’à l’automne 2010 : « Deleuze RIP ». Il a publié en mai 2009 « Courroies arrobase frontières » avec Patrice Duret aux éditions du Miel de l’Ours. Il participe au comité de rédaction de la revue Hétérographe, revue des homolittératures ou pas

Sylvain Thévoz,Nos possibilités d’impasses sont innombrables, Editions Samizdat, 2011, 80 pages.
Conception graphique, maquette et illustration: Atelier Supercocotte, Coline Davaud, Céline Privet

 

  Huguette Junod / La complainte d'Ariane


Huguette Junod / La complainte d'Ariane Ariane m’a accompagnée de 1990 à 1995. J’ai commencé son récit en été 1990, dans un état solaire, en visitant le Péloponnèse avec un compagnon féru de mythologie. Il peut paraître curieux, en plein bonheur, de parler de chagrin, mais je puisais dans mes souvenirs. J’ai continué le poème en août 1991, dans une maison louée à Koroni, avec le même compagnon, mais qui avait décidé de me quitter. Cette fois, je vivais moi-même un deuil amoureux. Je portais une pierre au fond du ventre, chaque pas représentait une souffrance et je me fondais dans la mer et les larmes d’Ariane. Sa peine était donc la mienne, comme celle de toutes les femmes abandonnées. Mais l’espoir soulevé par Dionysos m’a appris que le temps guérit les blessures, apaise la douleur et qu’au-delà du désamour peut naître un sentiment puissant devant lequel on se retrouve neuve, comme au premier jour.

Huguette Junod

Huguette Junod, née à Genève, écrit et publie dès l'âge de douze ans. Licenciée ès lettres, elle enseigne le français et la littérature à l'école secodaire de Genève de 1968 à 2001 et anime des ateliers d'écriture depuis 1987. Passionnée par la Grèce, elle y retourne chaque année, apprend le grec et revient de ses séjours avec une moisson de poèmes. Elle y a rencontré Perséphone, Ariane puis Médée. La poétesse interprète les mythes en se mettant à la place des héroïnes. Huguette Junod a obtenu le prix des Ecrivains genevois fin 2008 pour Le Choix de Médée, Ed. Samizdat 2009.

La complainte d'Ariane, poème de Huguette Junod, traduit en grec par Mirka Skara, 2011, 96 pages.

 

  Françoise Item / Aqua vita


Françoise Item / Aqua vita« L’illusion est au fond du puits. La réalité à sa margelle. C’est le seau qu’il faut descendre et remonter » écrit Françoise Item. On pourrait dire que le va-et-vient, le mouvement du seau est le mouvement même de l’écriture de ce petit livre. Manière de testament dans lequel une femme livre un concentré de ce qu’elle a découvert.

«Je compose avec ce que j’aime
et je voyage au bout du mot» dit-elle.

Risquons-nous à la suivre. Elle nous entraîne sur des chemins surprenants.

Denise Mützenberg

L’arbre de vie

Ayant franchi la barrière, je vois un grand arbre couvert de victimes, d’agneaux sacrifiés qui en font une montagne. Le jour vient, au loin, un joueur de flûte, les moutons sautent bien vivants de l’arbre, paissent et gambadent dans le pré vert.

Sortis des cachettes après la fête, les amours mortes, sacrifiées, reniées, vivent toujours. Au pied du grand arbre.

Françoise Item

Françoise Item est née en 1941. A 17 ans, à Bienne, Françoise écrivait ; « Oh, j’aime tant écrire, comme ça vient, follement et puis raturer, raturer, corriger, laisser venir la nuit, l’obscurcissement, laisser couler les heures et sonner les églises et toujours revoir, corriger, simplifier, purifier. C’est beau, dur. ». Elle obtient ensuite une licence en lettres, porte ses pas entre autres à Paris où elle gagne parfois sa vie dans les marchés de brocante.
Avec son mari, le peintre Georges Item (Checo pour les intimes), elle réside à Saint-Rémy-de-Provence où le Mas de Cinq Sous abrite leurs créations et activités respectives. Elle s’y passionne aussi pour le tissage. 1990, deuil qui la ramène seule à Bienne où elle ouvre une galerie d’art et d’animations culturelles. Aujourd’hui, relisons un de ses textes : « En fin de vie quand il faut retourner la terre, et attendre, seul le possesseur du champ sait ce qu’il va semer ou planter. Ou s’il va le laisser en jachère inculte. ».

Aqua vita, poèmes & proses de Françoise Item, 2011, 40 pages.

 

  Laurent Cennamo / Les rideaux orange


Laurent Cennamo / Les rideaux orange Jonas au bord des larmes (jour et nuit) bourdonne
encore à mes oreilles (les rideaux orange
de la cuisine bougent à peine, très lente
neige, silencieuse, ou poussière très bientôt, oeufs
de fourmis sur le front de ma mère et qui dira
le frelon d’être en vie ?)

Le manuscrit reçu se nommait « Trois poèmes pâles ». Et c’est sous ce titre que le texte de Laurent Cennamo avait reçu, en 2006, le Prix Hentsch qui couronne, depuis des décennies, les premières oeuvres littéraires des étudiants genevois.
Mais ce titre, choisi par un jeune poète épris de Jouve et Mallarmé, ne rend pas justice au flamboiement des rideaux orange, au rouge des fraises, au noir de la nuit.
Figé, il ne dit pas tout ce qui frémit en Jonas et autour de lui, tout ce qui brûle et tremble et tournoie.
S’il signale la pâleur, ce titre élude la transparence, omniprésente dans la première partie, et dont on s’aperçoit très vite qu’elle renvoie à autre chose, de plus secret ; de même, la marelle, si elle désigne bien une fois le dessin à la craie au centre du préau, prend au cours du poème une existence autonome :

Marelle transparente, marelle au pain/ et à l’eau ; marelle au bord des larmes ; marelle sur la paille …

Le jeu de la cour d’école devient jeu avec la langue et le lecteur se pique au jeu : il y a mère dans marelle, petite mare, petite mère, mère en miettes…

Et dans le ciel, toujours la première lettre
du mot miettes
(du mot amour ?)

Mais le visage de l’amoureuse est mangé de fourmis. Si un drame se devine sous la trame des mots clairs et des images lumineuses, l’étoffe du texte continue longtemps de bruire en nous avec la légèreté des petites filles qui tombent / amoureuses de leurs robes sans un bruit, et bas / à l’horizon, des regards…

Les éditrices

Laurent Cennamo est né en 1980 à Genève, ville dans laquelle il a étudié la littérature et l'histoire de l'art (son mémoire de licence portait sur les récits de rêve dans l'oeuvre de Philippe Jaccottet).
Les rideaux orange est son premier recueil. «Lire Marelle à la lanterne de Jonas, Jonas à la torche des Rideaux orange : tel serait à peu près son désir.»

Les rideaux orange, poèmes de Laurent Cennamo, Editions Samizdat, 2011, 76 pages.
Couverture de Fausto Cennamo

 

Page créée le 20.04.11
Dernière mise à jour le 20.04.11

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